- Sonny Scarfone
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Québec : une deuxième contraction consécutive est évitée, mais pas pour les bonnes raisons
Faits saillants
- Au premier trimestre de 2026, le PIB réel du Québec a progressé de 1,3 % en rythme annualisé, contrastant avec la légère contraction observée au Canada Lien externe au site. (-0,1 %).
- La demande intérieure a reculé de 1,3 % (tableau 1) et les exportations nettes ont aussi contribué négativement à la croissance. Dans ce contexte, la progression du PIB s’explique en grande partie par l’accumulation de stocks (+1,3 G$).
- Le principal point positif du trimestre est l’investissement des entreprises, en hausse (+1,8 %) pour un deuxième trimestre consécutif. Malgré un essoufflement des ouvrages non résidentiels après la fin de 2025, les autres sous-composantes sont demeurées en territoire positif.
- Les administrations publiques ont retranché à la croissance, tant par leur consommation (-1,1 %) que par leurs investissements (-11,3 %). Les dépenses de consommation sont globalement stables en termes réels depuis la fin de 2024. Du côté de l’investissement, le recul fait suite à plusieurs trimestres de forte progression et les niveaux demeurent élevés d’un point de vue historique.
- Les échanges commerciaux continuent de refléter le virage protectionniste américain. Les exportations vers les autres pays ont diminué de 6 %, dont 8,8 % pour les biens. Les échanges interprovinciaux restent peu dynamiques : les exportations vers le reste du Canada n’ont crû que de 0,7 %, tandis que les importations en provenance des autres provinces ont reculé de 5,5 %.
Commentaires
Le Québec échappera probablement au débat sur la définition d’une « récession », ravivé récemment par la publication d’un deuxième recul trimestriel consécutif à l’échelle canadienne pour la même période.
Cela dit, le bilan trimestriel comporte peu d’éléments positifs, bien que certains résultats s’expliquent en partie par des effets de contexte. Du côté de la consommation des ménages, le recul demeure inférieur à celui de la population au cours du trimestre (-17 700 personnes, soit -0,8 % en rythme annualisé). Par ailleurs, le resserrement des dépenses publiques, mis en évidence dans la plus récente mise à jour budgétaire provinciale Lien externe au site., était anticipé.
En matière d’investissement, les données du secteur privé sont relativement favorables. À l’inverse, le repli observé du côté des administrations publiques s’explique en partie par des effets de base, après trois trimestres consécutifs de hausses supérieures à 10 %.
Il convient néanmoins de demeurer prudent. L’économie québécoise repose largement sur ses exportations. Or, le virage protectionniste aux États-Unis continue de peser sur les perspectives de croissance. À cela s’ajoute la diminution de la population, qui limite le potentiel de la demande intérieure. La faible croissance des échanges interprovinciaux demeure en ce sens décevante.
Implications
L’économie québécoise demeure atone à l’entame de 2026, et l’acquis de croissance à l’amorce du deuxième trimestre n’est guère encourageant. Le PIB par industrie signale une contraction mensuelle de 0,3 % en mars (tableau 2). Ce recul précède l’imposition de nouveaux tarifs sur les exportations de produits métalliques, qui devraient accentuer les pressions sur le commerce extérieur. Le Québec se trouve ainsi confronté aux tarifs effectifs les plus élevés au pays.
Même si les données d’aujourd’hui surpassent les attentes, un repli au deuxième trimestre demeure plausible, notamment en raison de la volatilité des stocks d’un trimestre à l’autre. Rappelons que la variation des stocks a été le principal facteur permettant au PIB québécois d’éviter d’enregistrer une nouvelle contraction. Par ailleurs, le PIB réel de la province se situe toujours à un niveau comparable à celui observé au dernier trimestre de 2024 (graphique). Comme souligné dans nos plus récentes Prévisions économiques et financières. Lien externe au site., les fondements de la croissance restent fragiles, qu’il s’agisse de la démographie, des effets des prix de l’énergie ou de l’incertitude persistante entourant le commerce nord-américain.
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