- Sonny Scarfone
Économiste principal
Québec : léger repli de l’emploi en février
Faits saillants
- Après six mois de croissance, l’emploi a affiché un léger recul au Québec en février : 3 400 emplois nets ont été retranchés.
- Le taux de chômage a néanmoins reculé à 5,3 %, son plus faible niveau en près d’un an, et le plus bas parmi les provinces canadiennes. Cela est attribuable à une baisse du taux d’activité, qui est passé de 65,1 % à 64,8 %.
- La croissance des salaires s’est élevée à 3,7 % sur un an, son plus faible taux de croissance depuis mars dernier. Cela demeure environ le double du rythme d’inflation actuelle au Québec (1,8 % en janvier).
- Quant aux régions administratives, une hausse du chômage a été observée au cours du dernier mois à Laval, en Mauricie, en Estrie, dans Chaudière-Appalaches, dans les Laurentides et au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Commentaires
Alors que les tarifs auxquels seront assujettis nos exportateurs demeurent imprécis (et que la situation évolue au quotidien), nous commençons à observer l’incidence de cette incertitude dans les données économiques. En février, l'emploi est resté relativement stable au Québec. Le léger recul de 3 400 emplois fait suite à une création nette de plus de 100 000 emplois au cours des six mois précédents.
La plupart des secteurs sont demeurés au neutre, bien qu’une faiblesse ait été observée dans la construction ainsi que dans le transport et l’entreposage (maintenant à son plus faible niveau depuis fin 2023). Le secteur manufacturier, particulièrement menacé par l'incertitude liée aux échanges commerciaux avec les États-Unis, a enregistré une baisse de 3 300 emplois en février (faisant suite à une hausse de 9 700 en janvier). La faiblesse de l’emploi à temps plein est également notable depuis deux mois (-28 300 à ce jour en 2025).
Sur le plan des régions administratives, celles davantage orientées vers le secteur manufacturier ont vu leur taux de chômage augmenter en février. Bien que ces taux restent inférieurs à la moyenne provinciale, ils devront être surveillés en fonction de l'évolution de la situation tarifaire.
Implications
Un premier chiffre négatif en sept mois doit être remis dans le contexte de la croissance robuste de l'emploi au cours de la dernière année. Le marché du travail québécois aborde les turbulences actuelles dans un état globalement positif.
Le recul du taux de chômage s'explique par une réduction du taux d'activité, ce qui est attendu dans un contexte de vieillissement de la population combiné aux efforts en cours des gouvernements pour réduire le nombre de résidents non permanents. Cela explique pourquoi, même dans un scénario de tarifs universels de 25 % pour une période prolongée, nous nous attendons à ce que le taux de chômage au Québec reste sous les 8 % (voir notre analyse Lien externe au site. publiée plus tôt cette semaine à cet effet).
Un autre report d’une bonne proportion des tarifs nous ramène à la table à dessin pour nos prévisions. Celles-ci seront mises à jour dans deux semaines, en espérant obtenir une certaine clarté d’ici là.
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