Choisir vos paramètres

Choisir votre langue
Prévisions économiques et financières

La croissance économique tient le coup malgré les nombreux risques géopolitiques

22 janvier 2026
Jimmy Jean • Randall Bartlett • Benoit P. Durocher • Royce Mendes • Mirza Shaheryar Baig • Marc-Antoine Dumont
Tiago Figueiredo • Francis Généreux • Sonny Scarfone • Oskar Stone • Hendrix Vachon • LJ Valencia

Faits saillants

  • Jusqu’à maintenant, l’économie mondiale continue de faire fi de l’incertitude et des différents obstacles à la croissance. La progression des PIB réels tient généralement bon. La Chine a réussi à atteindre la croissance du PIB réel ciblée par ses dirigeants, soit 5,0 % pour l’ensemble de 2025. Le quatrième trimestre de l’année a même montré une légère accélération malgré des faiblesses au sein de la demande intérieure. En Europe, les données préliminaires affichent une croissance du PIB réel allemand de 0,2 % pour 2025, une première hausse annuelle depuis 2022. L’amélioration des indices PMI de la zone euro au cours de l’automne dernier est de bon augure. De son côté, la croissance britannique semble s’améliorer après plusieurs mois de faiblesse. Somme toute, le PIB réel mondial devrait afficher des progressions de 3,2 % en 2025 et de 3,1 % en 2026 ainsi qu’en 2027. Cela dit, les velléités américaines envers le Groenland, la situation au Venezuela et les menaces envers l’Iran rappellent que la conjoncture économique internationale pourrait à nouveau être affectée par l’actualité géopolitique en 2026, sans compter les menaces constantes de nouvelle escalade tarifaire.
  • Aux États‑Unis, l’impasse budgétaire a rendu plus floue la conjoncture. Les résultats du troisième trimestre publiés tard en décembre reflétaient une croissance encore étonnamment forte de l’économie américaine. Les indicateurs publiés jusqu’à maintenant pour le quatrième trimestre pointent aussi vers une bonne progression du PIB réel, malgré les conséquences directes et indirectes de l’impasse budgétaire et les pertes d’emplois enregistrées en octobre. Le début de 2026 devrait être caractérisé par une contribution positive plus évidente des effets des changements fiscaux adoptés l’été dernier. L’inflation américaine s’est montrée plutôt faible au cours des derniers mois de 2025. On prévoit un peu plus d’effets des tarifs sur les prix des biens, mais cela devrait être en partie contrebalancé par une croissance modeste des prix des services.
  • Nos prévisions pour le PIB réel canadien demeurent largement inchangées par rapport à décembre. La demande intérieure devrait alimenter la croissance alors que les dépenses de consommation resteront soutenues par un marché du travail résilient. Les investissements en défense et en infrastructures prévus par le gouvernement fédéral devraient donner un soutien additionnel et aider à compenser la réduction des dépenses de fonctionnement. Le taux effectif des droits de douane sur les exportations canadiennes vers les États‑Unis devrait rester relativement stable, reflétant des tarifs sectoriels persistants Lien externe au site.. En revanche, l’investissement des entreprises sera probablement limité par l’incertitude entourant la révision de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM). Notre analyse Lien externe au site. du changement de régime au Venezuela suggère un léger ralentissement de la croissance au gré de l’élargissement de l’écart de prix entre les indices de référence du pétrole national et américain. Avec des prix du pétrole qui devraient demeurer relativement stables, on s’attend à ce que l’inflation situe près de la cible de 2 % de la Banque du Canada (BdC). Le ralentissement de la croissance démographique Lien externe au site. et l’augmentation des renouvellements hypothécaires sont d’autres facteurs négatifs.
  • Au Québec, la croissance économique demeurera modérée, le PIB passant de 0,8 % en 2025 à 1,1 % en 2026. Les secteurs visés par les tarifs américains (aluminium, cuivre, foresterie, camions) resteront sous pression, l’ACEUM n’offrant pas de protection face aux tarifs sectoriels. La faiblesse des exportations continuera de peser sur le PIB et l’emploi, malgré une diversification partielle des marchés. Le resserrement des seuils d’immigration, permanente comme temporaire, freinera la croissance de la main-d’œuvre, ce qui exacerbera la rareté dans les régions hors des grands centres. Cette contrainte maintiendra le taux de chômage autour de 5 %, accentuera les tensions salariales et pourrait retarder certains projets d’investissement. L’inflation devrait converger vers la moyenne canadienne à mesure que s’estompent des distorsions de politiques passées. En année électorale, les partis pourraient être tentés de prendre de nouveaux engagements. Toutefois, le gouvernement a une marge limitée avec des écarts à identifier Lien externe au site. et la nécessité de retourner à l’équilibre budgétaire d’ici 2029‑2030. Au-delà des projets concernant la défense, les grands chantiers, dont ceux d’Hydro‑Québec et l’agrandissement du port de Montréal, soutiendront aussi l’activité ces prochaines années.

Risques inhérents aux scénarios

En plus de l’opération militaire au Venezuela, l’administration américaine multiplie les menaces d’annexion du Groenland, ce qui pourrait avoir d’importantes conséquences sur l’échiquier géopolitique mondial, notamment au sein des pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). D’autres pays de l’Amérique latine ont été menacés de possibles opérations militaires par les Américains, comme Cuba, la Colombie et certaines régions du Mexique. Dans ces conditions, les relations diplomatiques et économiques entre les États‑Unis et les autres pays avancés pourraient se détériorer. Les tarifs toujours en place et la possibilité de nouvelles mesures (notamment en lien avec le Groenland) gardent l’incertitude élevée à l’échelle mondiale. Les banques centrales pourraient devoir abaisser davantage leurs taux directeurs advenant une dégradation plus forte que prévu de l’économie. À l’opposé, les taux directeurs pourraient être rehaussés si l’inflation devait s’accélérer significativement sous l’effet de nouveaux tarifs douaniers ou de difficultés dans les chaînes d’approvisionnement. Des tensions géopolitiques pourraient contribuer à l’inflation en poussant le prix de certaines ressources à la hausse, notamment le pétrole. Il faudra également surveiller de près les risques entourant l’indépendance et la neutralité des institutions économiques clés aux États‑Unis, y compris à la Réserve fédérale (Fed), où un nouveau président devrait entrer en poste en mai. La question du financement du gouvernement fédéral américain risque de revenir hanter l’actualité au début de 2026, bien qu’en cours d’année, l’attention se tournera davantage vers les élections de mi-mandat, vers les décisions de la Cour suprême au sujet de la politique commerciale de l’administration Trump ou vers la révision de l’ACEUM, tous des facteurs qui pourraient perturber la conjoncture. L’érosion de piliers institutionnels aux États‑Unis pourrait inciter certains investisseurs mondiaux à réduire davantage leur exposition aux États‑Unis. Toutefois, les problèmes politiques et budgétaires sont aussi présents ailleurs dans le monde, notamment en Europe, et comme en témoignent aussi les tensions récentes sur le marché obligataire japonais. À cela s’ajoutent les risques d’instabilité financière, notamment ceux pouvant découler de cadres réglementaires plus laxistes. Une forte correction des marchés boursiers, où l’engouement pour l’intelligence artificielle prend une allure exubérante, pourrait heurter la confiance et causer un choc d’effet de richesse. Des épisodes de volatilité sur les marchés obligataires, les devises et les prix des matières premières pourraient également dégrader les perspectives pour l’économie mondiale.


Scénario financier

Les taux d’intérêt en Amérique du Nord devraient diverger cette année. La BdC devrait poursuivre sa pause, tandis que la Fed devrait reprendre ses mesures d’assouplissement vers la fin de l’année. Cela dit, la réaction sur l’ensemble des courbes de rendement au Canada et aux États‑Unis sera complexe. Au Canada, les rendements à court terme devraient progresser d’ici la fin de l’année, reflétant la conviction grandissante que la BdC augmentera les taux au cours de 2027. Cependant, les taux d’intérêt à long terme pourraient en fait baisser, car les marchés commenceront à intégrer la prime du terme si les investisseurs continuent d’acquérir des obligations du gouvernement du Canada. Aux États‑Unis, il est possible qu’il y ait encore plus d’accentuation, en raison de l’effet combiné de la baisse des taux directeurs suivant l’assouplissement de la Fed et de la hausse de la prime du terme découlant de préoccupations continues concernant la trajectoire politique et budgétaire du pays.

 

Les marchés des actions et du crédit devraient connaître une certaine volatilité au premier semestre de l’année, mais ils finiront par résister à la tempête selon notre scénario de base. Les marges de profit des entreprises demeurent élevées et l’on prévoit que l’activité économique maintienne sa résilience. Le dollar canadien devrait suivre une trajectoire similaire pour ce qui est des actifs à risque, affichant une volatilité au premier semestre, suivie d’une appréciation graduelle par rapport au dollar américain au second semestre.


Tableaux de prévisions





NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.