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Nouvelles économiques

États-Unis : ressac de la création d’emplois en février

6 mars 2026
Francis Généreux
Économiste principal

Faits saillants

  • L’enquête auprès des entreprises indique qu’il y a eu 92 000 mises à pied nettes en février, après la création de 126 000 emplois (révisée de 130 000) en janvier et la perte de 17 000 emplois en décembre (révisée de +48 000).
  • Le salaire horaire moyen a de nouveau augmenté de 0,4 % en février. La variation annuelle est passée à 3,8 %.
  • Le taux de chômage a augmenté en février pour passer de 4,3 % à 4,4 %. 

Commentaires

C’est un résultat surprenant que procurent les données du marché du travail de février. Alors que le consensus tablait sur un gain mensuel autour de 60 000 travailleurs, l’économie américaine en a plutôt retranché 92 000. Depuis le début de 2025, c’est le sixième mois où le nombre de travailleurs diminue (et le cinquième pour le secteur privé). La révision des résultats des mois précédents a d’ailleurs amené un épisode supplémentaire de contraction mensuelle de l’emploi, avec une baisse de 17 000 au mois de décembre qui remplace un gain de 48 000.

 

Le recul de l’emploi en février provient notamment d’un secteur qui montre rarement de la faiblesse, soit celui des soins de santé. Après l’ajout de 116 400 emplois en janvier, ce secteur a vu son nombre de travailleurs diminuer de 18 600. C’est une première contraction depuis janvier 2022. Il est important de souligner que des conflits de travail, notamment à New York et en Californie, sont la principale raison du recul soudain et que, dans les deux cas, ils se sont terminés en février, mais après la semaine de référence de l’enquête. Il devrait donc y avoir, dès la donnée de mars, un certain effet de rebond dans ce secteur, lequel devrait reprendre son rôle de locomotive. La faiblesse de février n’est cependant pas seulement venue de là. Seuls 50,8 % des 250 secteurs répertoriés ont connu une hausse de travailleurs le mois dernier. Des pertes nettes d’emplois sont observées dans les secteurs de la fabrication, de la construction, des transports, dans les services aux entreprises, dans l’éducation privée, dans l’information et dans la restauration. La mauvaise météo dans plusieurs régions des États-Unis à la fin de janvier et au début de février n’a sûrement pas aidé la situation. Les aléas de la politique commerciale ainsi que les conséquences d’une utilisation accrue de l’intelligence artificielle peuvent aussi avoir contribué à affaiblir les embauches dans certains secteurs.   

 

La baisse de l’emploi en février contraste cependant avec d’autres indicateurs du marché du travail. Les demandes d’assurance-chômage demeurent assez stables et l’indice hebdomadaire ADP n’a pas mal performé depuis janvier. Il est donc difficile de voir le revers du mois dernier comme le début d’une lourde tendance baissière. Cela dit, il y a tout de même une faiblesse ambiante alors que la moyenne sur trois mois de la création d’emplois dans le secteur privé (53 000 entre décembre et février) reste bien plus modeste qu’il y a un an (176 000). C’est aussi sans prendre en compte les possibles répercussions de la guerre en Iran et ses effets sur les prix de l’énergie. La crise a moins d’une semaine et il faudra attendre un peu pour voir si elle ébranlera la confiance des ménages et des entreprises et, à terme, le marché du travail et l’économie dans son ensemble.

Implications

Après un bon mois de janvier, le marché du travail américain a déçu en février. La baisse du nombre de travailleurs est une mauvaise surprise. Certains facteurs précis et temporaires l’expliquent en partie, mais il demeure néanmoins que la dynamique du marché du travail reste faible. Il faudra maintenant surveiller si les perturbations issues de la guerre en Iran nuiront davantage à la conjoncture. Les implications pour la politique monétaire ne sont pas évidentes. Les dirigeants de la Réserve fédérale (Fed) demeurent préoccupés par l’inflation (une situation qui pourrait être envenimée par le bond des prix de l’énergie). Pour le moment, nous continuons de croire que la Fed restera en attente.




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