- Francis Généreux
Économiste principal
États-Unis : les embauches se sont accélérées en mars
Faits saillants
- L’enquête auprès des entreprises indique qu’il y a eu 228 000 embauches nettes en mars, après un gain de 117 000 en février (révisé de 151 000).
- Le salaire horaire moyen s’est légèrement accéléré en mars avec un gain mensuel de 0,3 %, et ce, après une croissance de 0,2 % en février. Sa variation annuelle a tout de même ralenti de 4,0 % à 3,8 %.
- Le taux de chômage est passé de 4,1 % en février à 4,2 % en mars.
Commentaires
L’économie américaine avait besoin de bonnes nouvelles. Elle en reçoit une ce matin avec l’accélération des embauches au cours du mois de mars. Le gain mensuel de 228 000 est le meilleur de 2025 jusqu’à maintenant et représente presque le double de la création d’emplois de février. C’est aussi une bien meilleure performance que ce à quoi s’attendait le consensus, soit aux alentours de 140 000 postes.
D’où vient cet élan? On remarque avant tout le bond des emplois au sein des services privés, y compris de bonnes hausses chez les détaillants, dans les services de transport et dans la restauration. Il y a aussi plus d’aplomb au sein de la construction. On remarque cependant un ralentissement des embauches dans la fabrication et les secteurs des ressources. Somme toute, 54,2 % des 250 secteurs répertoriés ont enregistré une hausse du nombre de travailleurs, ce qui est tout de même moindre que les 56,0 % de février. Les embauches ont donc été plus élevées en mars, mais elles ont aussi été moins généralisées.
Un des éléments qui pesaient sur les attentes du consensus pour le mois de mars était les conséquences des coupes au sein de l’appareil gouvernemental fédéral. Il y a effectivement eu une baisse de 4 000 emplois dans la fonction publique fédérale en mars, après un recul de 11 000 en février. Bien que floues, les nouvelles entourant les efforts du DOGE et les différentes annonces de fermetures d’agences continuent de pointer vers une baisse plus draconienne de l’emploi fédéral. Il est probable que l’effet se fasse sentir plus nettement plus tard dans l’année. Par ailleurs, les autres paliers de gouvernement compensent jusqu’à maintenant la contraction fédérale.
La hausse du taux de chômage en mars n’est pas trop inquiétante. En fait, celui-ci rejoint son sommet de l’année 2024 qui avait été atteint en juillet, en août et en novembre. Il s’est d’ailleurs créé 201 000 emplois en mars selon l'enquête auprès des ménages et la hausse du chômage provient d’une augmentation encore plus rapide de la population active.
Implications
La bonne performance de la création d’emplois en mars est évidemment une bonne nouvelle et la hausse du taux de chômage n’est pas encore vraiment inquiétante. Toutefois, on sent que les risques qui pèsent sur l’économie américaine, y compris ceux générés par la politique commerciale protectionniste de l’administration Trump, sont importants et que la résilience du marché du travail sera bientôt mise à l’épreuve.
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