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Nouvelles économiques

Les Canadiens ont boudé les destinations de vacances américaines en 2025

23 février 2026
Kari Norman
Économiste senior

Faits saillants

  • Le nombre de voyages de retour de résidents canadiens en provenance des États‑Unis a chuté de 25,4 % en variation annuelle en 2025, tandis que les déplacements de résidents américains vers le Canada ont diminué de 2,9 %. Au total, 29 millions de Canadiens ont visité les États‑Unis en 2025, en forte baisse par rapport aux 39 millions enregistrés en 2024, alors que les visites d’Américains au Canada n’ont reculé que légèrement, passant de 23,5 millions en 2024 à 22,8 millions en 2025.
  • À l’inverse, le nombre de résidents canadiens revenant de voyages outre‑mer a augmenté de 9,2 % en variation annuelle en 2025, et les arrivées de visiteurs outre‑mer au Canada ont progressé de 7,5 %. Voir le tableau pour les principaux indicateurs.

Commentaires

Sur l’ensemble de l’année, le nombre de Canadiens revenant de voyages aux États‑Unis a plongé de plus de 25 % en 2025, alors que les visites d’Américains au Canada ont reculé de moins de 3 % seulement (graphique 1). Au net, le Canada a accueilli environ 671 000 visiteurs américains de moins qu’en 2024, mais cette baisse a été en grande partie compensée par une hausse d’environ 477 000 voyageurs en provenance de l’étranger. Les visiteurs d’Europe et d’Asie ont constitué la majorité des voyageurs non américains en 2025, et le nombre de visiteurs a augmenté dans toutes les grandes régions du monde.


La contraction des déplacements des Canadiens s’est concentrée dans les voyages d’une journée (graphique 2, droite). L’importante diminution des déplacements en voiture vers les États‑Unis pourrait refléter une évolution des préférences de voyage et un plus grand attrait pour des dépenses de loisirs à l’intérieur du pays. Une partie des voyages d’une journée restants pourrait être attribuable aux travailleurs transfrontaliers vivant dans les communautés frontalières. Les voyages en avion se sont révélés beaucoup plus résilients, ce qui laisse croire que les déplacements d’affaires ou essentiels ont mieux résisté que les voyages de loisirs discrétionnaires. Avec près de 10 millions de déplacements de moins vers les États‑Unis en 2025, un plus grand nombre de vacanciers semblent s’être tournés vers l’étranger – une hausse de près de 1,2 million par rapport à 2024 – ou ont choisi de passer leurs vacances et d’effectuer leurs achats au Canada.


Sur le plan régional, l’Ontario est demeuré la principale destination des arrivées internationales en 2025, même si davantage d’Ontariens ont voyagé à l’étranger (graphique 3). De la même manière, plus de Québécois sont partis à l’étranger que d’étrangers ont visité le Québec. En Colombie‑Britannique, les flux sont presque équilibrés, les arrivées internationales étant similaires au nombre de résidents de la province qui voyagent hors pays.


Implications

La faiblesse persistante des voyages transfrontaliers influence de manière subtile, mais importante, le paysage touristique canadien. Moins de Canadiens qui se rendent à l’étranger signifie que davantage de dépenses liées au voyage demeurent au pays, ce qui pourrait soutenir les destinations canadiennes, ainsi que les entreprises de l’hébergement, de la restauration et du commerce de détail qui sont en concurrence avec les villes frontalières américaines.

 

Par ailleurs, même un léger recul du nombre de visiteurs américains pourrait exercer des pressions sur les collectivités qui dépendent fortement du tourisme en provenance des États‑Unis. Cela est particulièrement vrai pour l’Ontario, le Québec et la Colombie‑Britannique, qui accueillent habituellement la plus grande part des visiteurs américains. Pour l’instant, toutefois, le nombre peu élevé de voyages en provenance des États‑Unis ne semble pas contrebalancer l’appui provenant du tourisme intérieur et de la hausse des arrivées outre‑mer, deux facteurs qui demeurent des éléments positifs pour le secteur touristique canadien.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.