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Nouvelles économiques

Canada : les achats d’automobiles ont stimulé les ventes au détail en février

24 avril 2026
Florence Jean-Jacobs
Économiste principale

Faits saillants

  • Les ventes au détail ont progressé de 0,7 % d’un mois à l’autre en février, un résultat inférieur à l’estimation provisoire initiale de Statistique Canada ainsi qu’au consensus des prévisionnistes (tous deux à 0,9 %).
  • La hausse a été principalement attribuable aux concessionnaires de véhicules automobiles et de pièces (+1,0 %), tant les vendeurs de véhicules neufs que ceux de véhicules d’occasion ayant enregistré des augmentations (voir le tableau pour plus de détails). En excluant les automobiles, les ventes au détail ont augmenté de 0,5 %, un rythme nettement inférieur aux attentes du marché (0,8 %).
  • Les ventes dans les stations‑service ont été essentiellement inchangées, tant en termes nominaux qu’en volume, au cours du mois précédant la tourmente sur les marchés pétroliers liée au conflit au Moyen‑Orient.
  • Malgré le rôle moteur qu’ont eu les détaillants automobiles dans la variation des ventes en dollars, la progression de février a été relativement généralisée, des hausses ayant été observées dans sept des neuf sous‑secteurs. Les ventes de base, qui excluent les automobiles et l’essence, ont augmenté de 0,6 %.
  • Huit provinces sur dix ont enregistré une hausse des ventes au détail, avec des gains notables en Ontario (+1,0 %) et au Québec (+1,7 %).
  • Le volume des ventes au détail a affiché une croissance modeste de 0,3 % d’un mois à l’autre (graphique 1).
  • L’indicateur avancé de Statistique Canada pointe vers une hausse de 0,6 % en mars. Toutefois, comme les prix des biens ont augmenté de 1,2 % au cours du mois, cela implique un recul des volumes.


Implications

La publication d’aujourd’hui sur les ventes au détail brosse le portrait d’une croissance constante mais modeste des dépenses de consommation en début d’année. Après la hausse de 1,2 % observée en janvier, février et mars apparaissent plus modérés, le gain de mars s’expliquant par les prix plutôt que par les volumes. Cela dit, si l’estimation préliminaire de mars se confirme, le premier trimestre devrait afficher un rebond des ventes par rapport à un quatrième trimestre anémique, tant en termes nominaux qu’en termes réels (graphique 2).


Au premier trimestre, les concessionnaires automobiles ont regagné un certain dynamisme, aidés en partie par le retour des rabais fédéraux pour les véhicules hybrides rechargeables et électriques à compter du 16 février. Le recul anticipé des volumes de ventes en mars n’est toutefois pas entièrement surprenant : la pression accrue sur les budgets des ménages, causée par la hausse des prix de l’essence, pourrait avoir pesé sur d’autres catégories de dépenses au détail, en particulier les achats non essentiels. En outre, le premier trimestre a été marqué par un marché du travail au ralenti et par une incertitude toujours élevée, de nombreux consommateurs se disant préoccupés par leur sécurité d’emploi, selon la plus récente Enquête sur les attentes des consommateurs au Canada Lien externe au site..

Nous continuons de tabler sur une croissance annualisée du PIB réel de 1,8 % au premier trimestre de 2026, conformément à nos plus récentes Prévisions économiques et financières Lien externe au site.. Cette estimation concorde avec la prévision de la Banque du Canada pour le premier trimestre, publiée en janvier. Nous anticipons un soutien supplémentaire à la consommation vers la fin du deuxième trimestre, à mesure que l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les produits essentiels (qui correspond essentiellement à un élargissement du crédit pour la TPS/TVH) commencera à être versée aux ménages. La réduction temporaire de la taxe sur les carburants devrait également atténuer, au deuxième trimestre, une partie de la pression exercée sur les budgets des consommateurs. Compte tenu de la modération de l’inflation sous-jacente, malgré la flambée des prix de l’énergie, nous nous attendons à ce que la Banque du Canada maintienne le statu quo lors de sa réunion de la semaine prochaine.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.