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Point de vue économique

Oléoduc pétrolier de la côte ouest : un investissement qui en vaut le prix?

26 août 2026
Laura Gu, économiste senior • Marc-Antoine Dumont, économiste senior

Faits saillants

  • Le projet d’oléoduc pétrolier de la côte ouest (OPCO) permettrait d’acheminer 1 mbj (million de barils par jour) de pétrole brut de l’Alberta vers un terminal maritime dans le sud de la Colombie‑Britannique, augmentant ainsi les exportations de pétrole vers l’Asie et réduisant la dépendance du Canada au marché américain. La demande de pétrole devrait continuer de croître en Asie, mais la demande pour les barils canadiens demeure incertaine.
  • L’OPCO pourrait s’avérer avantageux, à condition que les coûts soient maîtrisés. L’estimation préliminaire de l’Alberta, qui chiffre le projet entre 35 G$ et 44 G$, exclut toujours les frais de financement. L’expérience récente du Canada en matière de grands projets d’infrastructure, notamment l’expansion de Trans Mountain (TMX), montre que les retards, la complexité du processus d’obtention des permis et les coûts de financement durant la construction peuvent compromettre la rentabilité d’un projet malgré sa valeur stratégique.
  • Le nouvel oléoduc pourrait réduire le risque de congestion, mais tout resserrement de l’écart entre le WCS (Western Canadian Select) et le WTI (West Texas Intermediate) serait probablement temporaire. Son principal avantage serait de soutenir la production et les exportations. Cela nécessiterait toutefois une forte hausse des investissements, à contre-courant de l’accent actuellement mis sur la discipline financière et les rendements aux actionnaires. Les producteurs canadiens disposent des liquidités nécessaires pour accroître leur production, mais l’ajout de capacité pipelinière ne suffira pas, à lui seul, à déclencher une importante vague d’investissements.
  • Le projet pourrait être bénéfique pour l’économie, mais les estimations actuelles de ses retombées sont à considérer avec prudence. Les gains économiques découlant de la construction sont temporaires et sensibles à des facteurs comme la part de contenu canadien, la disponibilité de la main-d’œuvre et le coût des intrants, tandis que les bénéfices liés à l’exploitation se traduisent davantage par un niveau de PIB plus élevé que par une hausse récurrente de la croissance économique.
  • Les redevances gouvernementales et les recettes fiscales permettent de justifier le financement public, surtout compte tenu des redevances récurrentes sur le bitume dont bénéficierait l’Alberta et des gains fiscaux qui iraient à Ottawa. Toutefois, les dépassements de coûts sont une considération importante dans tout projet d’infrastructure majeur. Une structure de projet qui harmonise les risques et les rendements entre les gouvernements, les producteurs, les expéditeurs, les partenaires autochtones et les investisseurs externes contribue à assurer la pérennité et favorise une participation étendue des parties prenantes.

Lire la publication Indicateurs économiques de la semaine du 18 au 22 juillet 2022

Consultez l'étude complète en format PDF.

La version française de cette publication sera disponible sous peu.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.