- Kari Norman
Économiste senior
Canada : les mises en chantier sont demeurées vigoureuses en mai malgré un ralentissement après le bond d’avril
Faits saillants
Le rythme des mises en chantier au Canada a ralenti en mai à 261 400 unités (taux annuel désaisonnalisé), tandis que la moyenne mobile sur 6 mois est demeurée essentiellement inchangée à 258 000 unités. Le tableau 1 présente un résumé des principaux indicateurs de la construction résidentielle.
Commentaires
Les mises en chantier désaisonnalisées ont reculé de 6 % en mai pour s’établir à un niveau toujours solide de 261 400 unités, après un résultat exceptionnellement élevé de 278 400 en avril. Comme c’est généralement le cas, la volatilité d’un mois à l’autre provient en grande partie du segment des logements collectifs. Les mises en chantier de maisons individuelles ont progressé à 41 700 unités, après trois baisses consécutives (graphique 1). Même si le résultat global de mai demeure vigoureux, la moyenne mobile sur 6 mois offre une lecture plus fidèle de la tendance sous-jacente : les mises en chantier y sont restées pratiquement inchangées à 258 000 unités.
Depuis le début de l’année, les mises en chantier en Nouvelle−Écosse, en Alberta et en Saskatchewan ont nettement diminué par rapport aux rythmes très rapides observés au cours des cinq premiers mois de 2025, tout en demeurant élevées selon les standards historiques. Sur le plan régional, Montréal et Vancouver ont continué d’afficher une bonne tenue des mises en chantier, tant en mai que depuis le début de l’année. À Toronto, le repli généralisé de la demande en construction résidentielle s’est traduit par un ralentissement de l’indice des prix des logements neufs au cours des deux dernières années (graphique 2).
Implications
À court terme, les mesures de politique publique ‒ notamment le financement de la SCHL destiné aux logements locatifs construits expressément à cette fin et le remboursement de la TPS/TVH ‒ devraient continuer de soutenir l’activité dela construction résidentielle, malgré l’incertitude entourant les facteurs fondamentaux. Les récentes diminutions de la population, attribuables en grande partie aux sorties de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants internationaux, pointent vers une demande locative plus modérée. Comme nous l’avons récemment indiqué Lien externe au site. (et comme la SCHL Lien externe au site. l’a confirmé par la suite), cet assouplissement de la demande sur le marché locatif devrait être en partie compensé par une accélération de la formation de ménages, favorisée par une amélioration de l’accessibilité des logements abordables.
Les risques à la baisse pour l’activité résidentielle demeurent élevés dans un contexte de resserrement des conditions financières. La hausse des rendements obligataires à plus long terme entraîne une augmentation des coûts d’emprunt, ce qui limite à la fois la capacité des acheteurs et celle des promoteurs. La faiblesse des ventes sur plan de copropriétés dans les principaux marchés signale également un possible ralentissement de la construction de logements collectifs une fois les projets actuellement en cours achevés. Compte tenu des risques à la hausse que font peser les prix du pétrole Lien externe au site. sur l'inflation et de l'incertitude élevée à l'approche de l'examen conjoint de l'Accord Canada‒États-Unis‒Mexique (ACEUM) Lien externe au site., nous prévoyons que la Banque du Canada Lien externe au site. maintiendra ses taux directeurs inchangés jusqu'à la fin de 2026.
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