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Nouvelles économiques

La baisse de l’inflation en janvier ne devrait pas suffire à faire bouger la Banque du Canada

17 février 2026
LJ Valencia
Économiste

Faits saillants

  • L’indice des prix à la consommation (IPC) global a augmenté de 2,3 % en variation annuelle en janvier, un rythme légèrement inférieur à celui de décembre et au consensus des économistes (2,4 %). Les prix sont demeurés inchangés d’un mois à l’autre, mais ont progressé de 0,1 % après désaisonnalisation. Le tableau 1 résume les points de données clés.

Commentaires

Même si l’inflation globale a reculé en janvier, des effets de base liés à la période de congé de TPS/TVH Lien externe au site. un an plus tôt ont contribué de façon importante à maintenir la variation annuelle des prix élevée durant le mois. Les prix des services ont accéléré à 3,4 % en variation annuelle, contre 3,3 % en décembre (graphique 1). Dans le détail, les prix des restaurants ont bondi à 12,3 %, nettement au-dessus des 8,5 % du mois précédent. Des hausses ont également été observées dans des catégories auparavant exemptées d’impôt, comme les boissons alcoolisées servies dans des établissements titulaires de permis (9,0 %) et les boissons alcoolisées achetées en magasin (7,9 %). Par ailleurs, l’inflation des services cellulaires a ralenti à 4,9 % après six mois d’accélération, contre 14,6 % en décembre, essentiellement en raison d’effets de base.


À l’inverse de la hausse de l’inflation des services en janvier, la progression des prix des biens a encore perdu de la vitesse ce mois-là. Les prix de l’essence ont reculé plus rapidement (-16,7 % en variation annuelle) qu’en décembre (-13,8 %), principalement sous l’effet des comparatifs de l’an dernier. En outre, la réintroduction partielle de la taxe provinciale sur l’essence au Manitoba en janvier 2025 n’influe plus sur la variation sur 12 mois des prix de l’essence. Cela dit, l’inflation globale aurait été d’environ 0,4 point de pourcentage plus élevée en janvier, soit 2,7 %, n’eût été l’élimination de la taxe fédérale sur le carbone payée par les consommateurs (graphique 2). Par ailleurs, l'inflation des aliments achetés en magasin a fléchi à 4,8 %, après 5,0 % le mois précédent, portée par de bonnes récoltes dans les régions productrices, ce qui a tempéré la hausse des prix.


Quant à l’inflation fondamentale de l’IPC, la moyenne des mesures privilégiées par la Banque du Canada (BdC) – l’IPC médian et l’IPC tronqué – a ralenti en janvier pour s’établir autour de 2,5 % en variation annuelle. L’IPC total excluant les aliments et l’énergie a légèrement fléchi à 2,4 % sur un an (après 2,5 %), tandis que l’IPC total excluant les huit composantes les plus volatiles et les taxes indirectes a ralenti à 2,6 % (après 2,8 %). De plus, la moyenne mobile sur trois mois, désaisonnalisée et annualisée, est passée de 2,4 % en décembre à 1,9 % en janvier (graphique 3). De manière similaire, lorsqu’on applique le même calcul aux mesures privilégiées de la BdC, leur moyenne est passée de 1,6 % en décembre à 1,2 % le mois dernier – le plus bas niveau depuis mai 2020.


Implications

Le ralentissement généralisé de l’inflation au Canada en janvier constitue une bonne nouvelle tant pour les consommateurs que pour les décideurs publics. Il n’en demeure pas moins que l’économie évolue dans un état de fragilité, et la révision à venir de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) pourrait marquer un tournant déterminant. De plus, notre analyse Lien externe au site. du récent changement de régime au Venezuela ajoute une dose d’incertitude supplémentaire quant aux perspectives des prix du pétrole et de l’économie canadienne. Cela dit, dans ce contexte, la BdC a indiqué dans sa décision antérieure Lien externe au site. que les taux d’intérêt se situent déjà à des niveaux appropriés pour aider l’économie à traverser cette période d’incertitude. Les données de l’IPC de janvier ne devraient pas modifier cette appréciation, même si une dégradation plus prononcée des indicateurs économiques pourrait éventuellement le faire.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.