- Kari Norman
Économiste senior
Canada : le mauvais temps a vraisemblablement retenu les travailleurs et les chercheurs d’emploi à la maison en janvier
Faits saillants
- L’emploi au Canada a reculé en janvier, en baisse de 24 800 postes. Les prévisionnistes s’attendaient à une légère hausse.
- Le taux de chômage a diminué de 0,3 point de pourcentage, pour s’établir à 6,5 % en janvier, alors que moins de personnes ont cherché du travail.
- Le nombre total d’heures travaillées en janvier a augmenté de 0,6 % durant le mois, mais a diminué de 0,2 % sur un an. La croissance du salaire horaire moyen a atteint 3,3 % en variation annuelle en janvier. Le tableau 1 résume les principaux indicateurs du marché du travail.
Commentaires
L’emploi au Canada a reculé en janvier, un revirement après quatre hausses mensuelles consécutives. La baisse de janvier provient entièrement de l’Ontario (–66 500), possiblement en raison de mauvaises conditions météorologiques, alors que l’Alberta a gagné 20 000 postes et que le reste du pays a compté 21 000 nouveaux emplois. Les pertes de 27 500 emplois dans le secteur manufacturier ont ramené l’emploi de ce secteur à son niveau de mars 2023. Les secteurs de l’éducation (–24 000) et de l’administration publique (–10 000) ont également enregistré d’importantes diminutions le mois dernier, partiellement contrebalancées par des gains dans l’information, la culture et les loisirs (+17 000) ainsi qu’en agriculture (+11 000). Avec un nouveau transfert des postes à temps partiel (–70 000) vers des postes à temps plein (+45 000), le Canada a atteint un nouveau sommet du nombre d’emplois à temps plein. La croissance moyenne des salaires en janvier s’est établie à 3,3 % sur un an, contre 3,4 % en décembre, se rapprochant des creux atteints à l’été 2025. Elle demeure bien sous les niveaux élevés de plus de 5 % qui ont caractérisé la période postpandémique, mais reste au‑dessus de notre prévision d’inflation.
Le taux de chômage des travailleurs du principal groupe d’âge (25 à 54 ans) a reculé de 0,5 point de pourcentage pour s’établir à 5,5 % au cours du mois – un creux depuis août 2024 (graphique 1). Chez les jeunes, il a diminué de 0,5 point pour s’établir à 12,8 %, demeurant inférieur au sommet de 14,6 % observé en septembre 2025. Cela ne constitue toutefois pas une bonne nouvelle, car la baisse des taux de chômage s’explique par le fait que près de 120 000 personnes ont abandonné leurs recherches d’emploi, surtout en Ontario – une conséquence probable du mauvais temps. Le chômage de longue durée demeure élevé et en hausse : plus d’une personne sur quatre en recherche d’emploi au sein du principal groupe d’âge a connu au moins six mois de chômage – le niveau le plus élevé depuis septembre 2021 (graphique 2). Le nombre de personnes au chômage à la suite de mises à pied permanentes a légèrement diminué en janvier, tandis que les mises à pied temporaires ont augmenté.
Les données démographiques de l’Enquête sur la population active font état d’un recul du nombre de jeunes (15 à 24 ans) depuis septembre 2025, et les adultes du principal groupe d’âge (25 à 54 ans) suivent désormais la même trajectoire (graphique 3). Des travaux récents des Études économiques de Desjardins Lien externe au site. indiquent que la population du Canada pourrait diminuer pendant deux années consécutives, en raison d’objectifs d’immigration plus restrictifs, avant de reprendre sa progression. Cela dit, atteindre les cibles ambitieuses du gouvernement pourrait s’avérer difficile.
Implications
Avec une inflation qui gravite autour de la cible de 2 % de la Banque du Canada (BdC), les résultats inhabituels de l’emploi en janvier ne devraient probablement pas changer sensiblement les perspectives de baisse des taux. Nous nous attendons à ce que la BdC laisse inchangés ses taux directeurs lors de sa prochaine réunion et pour un certain temps encore.
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